Ne pas laisser la porte ouverte au fascisme
À l’issue des législatives de début juillet, s’il y a comme une victoire du Nouveau Front Populaire, il n’y a pas de défaite du Rassemblement National, et pas seulement sur le plan comptable. D’où l’importance d’essayer de comprendre les raisons de cette non défaite, de tenter d’expliquer cet ordinaire du vote R.N., ne serait-ce, sans doute, que pour prendre la mesure de sa dangerosité[1].
Si tous les électeurs du R.N., loin de là, ne se vivent pas comme xénophobes et/ou racistes il n’en demeure pas moins qu’ils peuvent facilement se laisser aller à expliquer les raisons des difficultés ‑ réelles – auxquelles ils sont confrontés, les raisons des épreuves ressenties (déclassement, mépris de classe, insécurité culturelle, etc.) par la présence de populations étrangères[2]. Se cristallise ainsi, sans qu’on y prenne garde (du moins sans que l’ordinaire des électeurs y prenne garde, mais sûrement pas les dirigeants du parti) un racisme, diffus peut être, d’atmosphère diraient certains, mais un racisme systémique, ce qui ne veut pas dire systématique, ni que la France serait raciste dans ses institutions ou sa population, mais que en tant que explication du monde, le racisme fait système et, en tant que tel, relie différents éléments de pensées et différentes croyances qui font système.
Un de ces éléments de pensée est de définir le peuple (notion moultement invoquée) non par une ou des positions sociales mais par l’opposition de nous vs eux, les autres, potentiellement ennemis, qui peuvent recouvrir des populations, des groupes culturels, sociaux, ethniques, religieux, politiques, etc., différents mais qui ont tous la particularité de pouvoir fonctionner, à un moment ou à un autre, comme boucs-émissaires.
« Les problèmes ne sont plus simplement ceux des périphéries sociales en désarroi, mais touchent au cœur même de l’édifice social »[3]. Comme au moment de la Révolution Française on avait une contradiction entre haute et basse noblesse, entre haut et bas clergé, il faut « repenser une définition plurielle des classes moyennes – au confluent de la profession, du revenu, de la consommation, de l’épargne – [parce que] il est essentiel de saisir les classes moyennes dans la tension permanente entre le haut – les cadres et professions intellectuelles supérieures, pour dire vite – et le bas – les fractions les plus qualifiées, stabilisées et protégées statutairement du monde des employés et des ouvriers. (…) Cette première dichotomie verticale est non moins indispensable que la seconde : celle qui, à niveau social égal, distingue les fractions les plus statutaires, protégées du marché, souvent adossées au service public, où la ressource du diplôme est généralement plus importante, et le monde du secteur privé, et plus encore de l’entreprise et du statut d’indépendant, où le marché est central, avec son exposition spécifique au risque »[4]. Crument : l’insécurité sociale, culturelle est le terreau du fascisme.
Alors, Cynthia Fleury[5] peut parler de « narcissisme blessé » pour qualifier cet état d’esprit (insécurité sociale et culturelle). Et, pour surmonter et survivre à la blessure narcissique, pour donner un sens vital (qui permet de vivre) à ce « narcissisme blessé », il est « utile » de se vivre comme victime, donc comme non responsable de ce qui arrive et nous arrive. Non responsable veut dire ici seulement une impossibilité subjective de se constituer en agent c’est-à-dire de ne pas pouvoir discerner les tenants et les aboutissants qui pourraient expliquer le cours du monde. « Si le sujet a tant de difficulté à se dessaisir de la plainte, c’est parce que celle-ci fonctionne comme un « fétiche », elle lui procure le même plaisir, elle fait écran, elle permet de supporter la réalité, de la médier, de la dé-réaliser »[6]. Mais pour que cela fonctionne, il faut un objet pour exercer et sa plainte et son hostilité. Ce que Cynthia Fleury illustre plaisamment en citant Montaigne : « Un gentilhomme des nôtres singulièrement sujet à la goutte que les médecins pressaient de laisser tout à fait l’usage des viandes salées, avait accoutumé de répondre plaisamment que, dans les accès et les tourments du mal, il voulait avoir à qui s’en prendre et qu’en criant et maudissant tantôt le cervelas, tantôt la langue de bœuf et le jambon, il s’en sentait d’autant soulagé »[7], avant de conclure : « il faut quitter la simple intériorité d’un malaise subjectif. Il faut aller stigmatiser un hors-soi »[8].
Et peu importe que ce hors-soi soit la cause réelle des injustices et des maux dont je suis victime, l’important est que je m’en prenne à lui, rejoignant ainsi un sentiment de la masse, et des préjugés partagés, que Adorno caractérise par l’irrationalité, la rigidité et l’endurcissement qui rendent vaine l’argumentation[9]. De tels individus « se comportent en général de façon bornée, butée, fermée au dialogue et ne savent réagir aux arguments qu’en se mettant en colère, en les rejetant violemment et en considérant celui qui s’approche d’eux avec de tels arguments comme un traître ou un être de moindre valeur »[10]. L’individu du ressentiment – ressentiment produit par la blessure narcissique indiquée par Cynthia Fleury ‑‑ cherche dans la masse, y compris dans la masse d’une communauté, une ou des identifications qui lui semblent transformer sa faiblesse ratiocinante en force, la masse devenant un vecteur de force. Rendus invisibles, non inscrits et non inscriptibles dans un régime de reconnaissance[11], « les hommes du ressentiment veulent apparaître, se faire voir, se faire entendre, eux qui ont subi une invisibilisation de leurs sujets et de leurs vies »[12].
Mais, dans ce jeu de la vindicte de masse pour compenser l’invisibilisation individuelle, se perd, forcément, la possibilité de penser en termes de tous un, c’est-à-dire en termes de reconnaissance de tous et de chacun comme un, unique, irremplaçable, et s’ouvre la possibilité, la probabilité, de la fusion de tous en Un, et sous l’Un, sous le nom de l’Un, pointe le nom du maître. Alors se crée « une aire de dépendance et de co-appartenance (…) de telle sorte que les tous uns se détournent de l’entre-connaissance plurielle (…) et détruisent leurs liens d’association, mieux d’amitié »[13]. Et peu importe qui ou quoi porte le nom du maître.
Il y a de ce fait comme un consentement à un fonctionnement intellectuel dégradé. Tout se passe comme si le mode de connaissance privilégié, voir unique, était la connaissance par ouï dire ou expériences vagues. Mode de connaissance corolaire d’une grande crédulité, d’une confusion croyances / opinions / arguments / pensée, corolaire aussi d’un relativisme confusionniste : tout se vaut et il n’y a pas de vérités qui vaillent.
Et c’est le triomphe de ce que Heidegger appelle la « dictature du on », qu’il explicite ainsi : « On déploie sa véritable dictature. Nous nous réjouissons comme on se réjouit ; nous lisons, nous voyons et nous jugeons de la littérature et de l’art comme on voit et juge ; plus encore nous nous séparons de la « masse » comme on s’en sépare ; nous nous « indignons » de ce dont on s’indigne ». Et alors « comme le On pré-donne tout jugement et toute décision, il ôte à chaque fois [à l’homme] la responsabilité » [14]. Et, aussi paradoxal que ce soit de citer Alain au côté de Heidegger, il faut se souvenir de sa formule « penser, c’est dire non »[15] (par ailleurs, commentée par Jacques Derrida[16]). « C’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt l’heureux acquiescement. Elle se sépare d’elle-même. Elle combat contre elle-même. (…) Ce qui fait que le tyran est maitre de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C’est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui croit seulement ne sait même plus ce qu’il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien »[17].
Et la dangerosité de la « pensée » (si l’on peut dire !) du R.N. est là : dans la légitimation de cette somnolence, dans sa banalisation, dans son évidence, dans « l’ordinaire » ainsi produit.
Il est indécent de traiter de but en blanc des gens, des électeurs, de fascistes ; atteindre le « point Godwin » n’est pas souhaitable dans une description ou analyse – l’expression « point Godwin » désigne le moment où on utilise un argument qui fait référence, de façon plus ou moins prononcé, au nazisme, à Hitler, au fascisme pour invalider des propos.
Reste que, faute d’en parler, si on identifie assez bien des régimes passés comme fascistes, on finit par ne pas voir ce que pourrait signifier le fascisme ici et maintenant, et s’il représente un danger. Comme le remarque Umberto Eco, « Ce serait tellement plus confortable si quelqu’un s’avançait sur la scène du monde pour dire : « Je veux rouvrir Auschwitz, je veux que les chemises noires reviennent parader dans les rues italiennes ! » Hélas, la vie n’est pas aussi simple »[18]. Certains n’hésitent pas même à parler de « fascisme en costume ». Et Gilles Deleuze, déjà en 1977, insistait : « Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néofascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore. Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néofascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de micro-fascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma »[19].
Finalement, il faut appeler un chat, un chat et fasciste une pensée qui n’imagine même pas le dialogique et la disputatio comme modalités intrinsèque de la pensée.
Appeler par leurs noms (fascistes) les partis d’extrême droite n’est pas les confondre avec les régimes historiquement connus sous ce nom – comme le soulignait déjà Gilles Deleuze, il y a, maintenant près de cinquante ans. Mais c’est peut-être bien enfin sortir de la confusion où l’usage intensif du terme « populisme » maintient les analyses ou les discours politiques.
Et on peut suivre Umberto Eco quand il constate que le fascisme n’est pas un corps de doctrine établi et même qu’il est « un collage de diverses idées politiques et philosophiques, fourmillant de contradictions »[20], un ensemble flou au contour imprécis, mais reconnaissable parce que, aussi différents soient-ils, il y a entre les fascismes « un air de famille ».
Cet air de famille, c’est l’infusion dans le corps social de l’idée selon laquelle chacun doit prendre sur lui la charge de maintenir la légitimité de ce qui est acceptable selon la tradition et la nature des choses, depuis la défense et illustration d’un héritage culturel et religieux jusqu’au combat contre ce qui n’est pas dans la nature des choses et que le sigle LGBTQ+ symbolise à leurs yeux.
Cet air de famille est aussi dû au fait que, dans cette mouvance fasciste, penser n’est pas dire non, mais, au contraire oui aux promesses et croyances et donc au maintien dans la somnolence d’individus qui doivent non pas accepter leur sort, mais l’imputer sans plus réfléchir à eux, les autres, les étrangers (les barbares ?) et à tous ceux qui sont les ennemis du terroir, de la tradition et de la nature des choses.
« Faire barrage » aux partis d’extrême droite ne suffit pas pour écarte le danger de la diffusion d’un fascisme contemporain qui se veut pacifique, pacifié et même pacificateur.
Certes, dans l’urgence, il faut faire barrage et proclamer haut et fort « ¡No pasarán! ». Mais surtout il faut, et cela peut paraître contre-intuitif, paradoxal et contre-productif, se déprendre de l’urgence –‑ utilisée comme justificatif d’une politique de réduction des droits (au nom de l’efficacité) ou, au contraire, d’une politique obsessionnelle de recherche de la première place dans la course à l’échalote pour faire rentrer dans le droit chemin les brebis prolétaires égarées par les sirènes fascistes.
Il est temps de prendre le temps de (re)penser non seulement ce qui fait lien social mais aussi ce qui le solidifie, (ou l’affaiblit) : les pratiques de solidarité et l’idée même de solidarité ‑‑ le sens premier de solidarité étant ce qui solidifie. Solidarité indique que le lien social noue ensemble « compter sur » et « compter pour ».
Du moins quand il s’agit d’une solidarité organique, pour reprendre l’expression de Durkheim et non automatique (mécanique aurait-il dit). Pour assurer l’articulation individu / société, renforcement consenti du lien social et émancipation individuelle, c’est dire le positionnement de chacun enfin à sa place, la solidarité organique doit avoir une dimension réflexive et être sans cesse retravaillée, redéfinie dans et par des contextes modifiés.
Il s’agit alors de produire les leviers d’une mobilisation, au sens premier du terme : (se)rendre mobile, changer de place (l’antonyme de mobilisation est, évidemment, immobilisation) au lieu de sombrer dans une somnolence en attendant le sauveur ! Et cette mobilisation sera dite dans un ou des récits.
Le récit, est un acte de langage possédant un effet performatif. C’est cet effet-là qui nous intéresse, avec la question : qu’apporte un récit par rapport à d’autres formes de communication et exhortations politiques ? Qu’apporte l’expérience narrative ?
Dans ses analyses du récit, J. Bruner[21] fait l’hypothèse que le récit est un constituant à part entière de l’expérience humaine en même temps qu’un moyen puissant de donner sens au monde, à la fois socialement et psychologiquement. Les récits nous permettent d’attribuer des raisons à nos actions. Les états intentionnels dans un récit ne déterminent jamais complètement le cours de l’action ni la succession des évènements. Il y a toujours une part de liberté dans un récit. Qui dit aptitude à agir dit choix. C’est peut-être l’infinie capacité de l’homme à toujours opérer des choix qui met aux prises le récit avec la notion de causalité dans le domaine humain. La recherche qui a lieu dans les récits est celle des états intentionnels qui se situent derrière les actions : le récit cherche des raisons et non des causes.
Le récit est une fonction spécifique de la rationalité et de l’imaginaire qui lutte contre l’érosion de la communication utilitaire. D’où l’effet possiblement mobilisateur du récit. Le récit cherche à retenir son auditoire en redonnant au quotidien une certaine étrangeté.
C’est cette communication utilitaire qui fait ressentir l’urgence comme composante de la réflexion politique. Mais, sauf cas de conflits armés (et encore !) la mobilisation ne se fait pas dans l’urgence, elle prend du temps, le temps du récit, des récits qui la provoquent.
Mais ce récit, ces récits ne doivent pas être écrits par les politiques (et encore moins par un vieux militant décati à qui il ne reste qu’un (très) confidentiel blog pour pleurer), mais par les citoyens, selon une organisation à inventer (assemblées citoyennes, etc.).
Cela dit, il conviendrait surement que ces récits traversent au moins les problématiques suivantes :
a) Comment se situer dans le jeu politique actuel en défendant et l’état de droit et les services publics comme constitutifs de la démocratie ? Comment dépasser l’idée de démocratie comme régime politique vers la démocratie comme « forme de vie », impliquant chacun ?
b) Le profit et l’accumulation du capital s’originent dans l’exploitation. De là les problèmes sociaux d’inégalités, de non-reconnaissance, etc. ; d’où lutte de classes. Mais aussi un choix sans doute à faire entre les notions de capitalocène et d’anthropocène pour analyser la crise actuelle désignée sous le nom de crise écologique. Ceci dit, l’exploitation n’est pas forcément la raison dernière de toute forme de domination, d’emprise, de discrimination.
c) D’où, peut-être, nécessité de retour sur les analyses de ce qui est apparu sous le nom de « intersectionnalité » ; d’où, surement, (re)penser l’universalité – ou pas ? – de certaines valeurs et/ou principes.
d) Quid du rapport de possibilité (ou non) d’une émancipation individuelle dans un monde marchand de part en part, du rapport entre aliénation, marchandisation et émancipation ?
e) Évidemment : etc. !
Et, bien sûr, l’énoncé schématique, partiel et partial, de ces problématiques est déjà une prise de parti, mais le récit est, par construction, un choix de point de vue énonciatif !
[1] Pour une analyse plus poussée, voir la notule Ces fascismes qui viennent (décembre 2022) du blog notespersonnelles.blog.
[2] Félicien Faury, Des électeurs ordinaires : Enquête sur la normalisation de l’extrême droite, Éditions du Seuil, 2024. En particulier, chapitres 1 à 3.
[3] Louis Chauvel, La spirale du déclassement. Essai sur la société des illusions, Éditions du Seuil, 2016, p 36
[4] Louis Chauvel, idem, p 40.
[5] Cynthia Fleury, Ci-gît l’amer, Guérir du ressentiment, Gallimard, 2020, p 121
[6] Cynthia Fleury, Ci-gît l’amer… opus cité, p 27.
[7] Montaigne, Essais I-IV, (1580), Gallimard-La Pléiade, p 25.
[8] Cynthia Fleury, Ci-gît l’amer…opus cité, p 114.
[9] D’où la fameuse expression « Je sais bien, mais quand même… »
[10] Théodor W. Adorno, La personnalité autoritaire, in Prismes, Théorie critique, volume 4, 2022, Éditions la Tempête.
[11] « Refuser la reconnaissance à quelqu’un, c’est précisément le réifier, l’installer dans une relation réifiante qui fait de lui un simple objet dont on peut se passer, que l’on peut remplacer, dont on nie la valeur singulière et déterminante dans son propre processus d’autonomisation » (Cynthia Fleury, Ci-gît l’amer… opus cité, p 131).
[12] Idem, p 137
[13] Miguel Abensour, Spinoza et l’épineuse question de la servitude volontaire, Astérion [en ligne], 13/2015.
[14] Martin Heidegger, Être et temps (1927), traduction par Emmanuel Martineau, Edition hors commerce (1985), p 115 (https://docs.google.com/document/d/1JajpHb3RptK3rQJtVcwaPsvjUnFhVpoS2_eLEhRNoqo/edit)
[15] Alain, Propos sur les pouvoirs, 139, (1924), Gallimard, Folio essais, 1985, p 351.
[16] Jacques Derrida, Penser c’est dire non (1960-61), Éditions du Seuil, 2022.
17 Alain, Ibidem.
[18] Umberto Eco, Reconnaître le fascisme, (1997), Grasset, 2017 p 50.
[19] Gilles Deleuze, in Le Monde du 3 février 1977, en défense du film de Daniel Schmid, L’Ombre des anges, repris sous le titre Le juif riche dans Deux régimes de fous. Textes et entretiens 1975-1995, Minuit, 2003.
[20] Umberto Eco, Reconnaître le fascisme, opus cité, p 24
[21] Notamment : J. Bruner, Car la culture donne forme à l’esprit. De la révolution cognitive à la révolution culturelle, ESHEL, 1991 ; Culture et modes de pensée. L’esprit humain dans ses œuvres, Retz, 2000 ; Pourquoi nous racontons-nous des histoires ? Retz,2002.